En poussant le crayon

…on finit quelquefois par se rendre au bout de son idée ou bien ailleurs

Jeudi matin, les Centres de service scolaire du Québec recevaient du ministère de l’Éducation ce qui s’annonçait en terme de coupures budgétaires pour la prochaine année. Voici un exemple bien réel  parmi bien d’autres, qui illustre l’ampleur sans précédent des coupes attendues et de leurs possibles effets. 

Un Centre de service apprend que son budget sera amputé de 35 millions pour l’année 2025-2026. Je me permets d’illustrer ce que ce montant peut représenter dans ce CSS en particulier. Si on considère que le salaire moyen de tous les employés de ce CSS, tous types de postes confondus, tourne autour de 60 000$ par année, cela représenterait rien de moins que la suppression de 585 postes à temps complet. 

Si ce CSS décidait de faire disparaître l’ensemble des services administratifs en soutien aux écoles, y compris les services éducatifs, le transport scolaire, les services financiers ou encore celui des ressources humaines, cela représenterait une coupe de 22 millions. Il resterait ensuite à couper 13 millions directement dans les écoles. 

Le ministre a annoncé des coupes de 510 millions pour l’an prochain. Or, quand je tiens compte de la taille des Centres services pour lesquels je détiens des informations et ce que chacun d’eux reçoit en proportion de ses effectifs, les restrictions imposées sont plus près du milliard de dollars. Ces compressions dépassent, et de loin, celles reprochées aux libéraux du gouvernement Couillard dans le passé, sauf que cette fois-ci elles se produisent en une seule année. Si tout cela s’avère exact, l’équilibre budgétaire sera à toute fin pratique une mission impossible en 25-26, il sera impossible aussi de ne pas toucher de façon significative aux services aux élèves et d’améliorer la réussite scolaire, le système scolaire sera au bord de l’implosion. Celui qui prétendra le contraire, fut-il ministre, vit au pays des licornes.

En toute logique, le ministre sera-t-il dans l’obligation de congédier ses directions de centres de service qui échoueront dans leur tentative d’équilibrer leurs budgets sans toucher aux services aux élèves, là est la question. Qui sera tenu responsable de ne pas atteindre ses cibles? Quelle sera la position des conseils d’administration des CSS? Prendront-ils enfin la parole pour défier le gouvernement, ce que faisaient les conseils de commissaires élus quand c’était le temps de défendre les intérêts des élèves? Auront-ils le courage politique de le faire?

Nous vivons les conséquences des politiques des apprentis sorciers caquistes en matière de gouvernance scolaire et de ceux qui les ont supportés en 2019 lors de l’abolition des commissions scolaires  et du congédiement des élus scolaires. Mais consolons-nous, l’an prochain on va se vouvoyer dans les écoles, on ne portera pas de voile, et on laissera son cellulaire à la porte. 

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